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Parures de Petitebijou

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10 Février 2014 Publié dans #Carnets

Critique effectuée dans le cadre de Masse Critique. Merci à Babelio et aux Editions Actes Sud

François Olislaeger est un jeune dessinateur qui a proposé aux organisateurs du Festival d’Avignon de croquer la manifestation sous ses aspects les plus divers pendant plusieurs saisons. Ceux-ci ont accepté avec enthousiasme, et cet ouvrage en est le résultat, un beau livre épais et élégant, dont je regrette seulement le format à mes yeux trop petit. En effet, les croquis du dessinateur sont parfois si minuscules qu’il m’a été un peu pénible de faire des efforts oculaires pour en distinguer les détails.

Qui dit croquis dit vitesse d’exécution, et c’est aussi ce qui fait le charme de la démarche de l’auteur. Toutefois, il me semble que le confort du lecteur est à prendre en considération quand il peut nuire au plaisir de la lecture.
Tous les croquis sont en noir et blanc, ce qui m’a un peu lassée, mais je sais bien que cette opinion est toute subjective, et que mon goût de la couleur peut-être discutable.

François Olislaeger nous propose des instantanés de trois saisons, de 2008 à 2012.
J’ai apprécié la volonté du dessinateur de croquer non seulement les spectacles proposés, mais les à-côtés, conférences d’après spectacle, portraits de spectateurs, Avignon et les lieux choisis pour les représentations. Il a su proposer une vision d’ensemble, une ambiance, et en ceci ce livre est un témoignage très intéressant.

Ceci dit, j’avoue qu’au niveau du Festival lui-même, que ce soient les pièces de théâtre ou les débats esquissés, je suis restée un peu perplexe, peut-être parce que je connais mal cet univers de théâtre. Il m’a semblé que l’esprit dans lequel se déroulent les festivités est assez « prise-de-tête », les débats sur la « création », le théâtre participatif tels qu’ils nous sont dépeints n’ont rien d’engageants à mes yeux (peut-être trop paresseux), d’autant que le Festival d’Avignon est à présent une institution bien officielle et un peu l’endroit où il faut être vu. Tels que je les ai ressentis, les débats sur le théâtre « révolutionnaire » en ce lieu me semble relever pour le moins du paradoxe, et surtout quand je lis le vocabulaire un peu alambiqué utilisé par les divers intervenants pour exprimer somme toute quelque chose d’assez simple.
Il me semble que si quelque chose peut-être révolutionnaire à propos du théâtre, cela se passe tout simplement au moment de la représentation, dans ce qui est donné à voir et reçu par le spectateur individuellement et collectivement. Je ne suis pas sûre que cela puisse s’expliquer par des heures et des heures de discours.
La plupart des mises en scènes illustrées par l’auteur versent allègrement dans la scatologie, la provocation sexuelle. Les classiques sont « revisités » selon l’expression plus qu’à la mode, il fut un temps on disait « dépoussiérés », et François Olislaeger nous montre bien que très souvent les spectateurs qui ont payé très cher leur place sont désorientés, voire déçus, et oscillent entre deux attitudes : ils sont soit furieux de n’avoir rien compris en ayant payé le prix fort, soit heureux de n’avoir rien compris en ayant payé le prix fort, car ne rien comprendre signifie que c’était sûrement « créatif ».
On est loin de la simplicité que j’affectionne pour tout spectacle, même si je ne suis pas contre l’idée « d’effort » pour le spectateur à qui l’on propose quelque chose.
C’est un des débats qui me semble être soulevé par ces carnets, néanmoins une jolie entreprise, même si elle ne m’a pas emballée.

Carnets d'Avignon - François Olislaeger

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