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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

3 Octobre 2013 Publié dans #BD

Amateurs de western, vous allez adorer… mais attention, on n’est pas dans le western-spaghetti, gentiment parodique, non, on est au cœur d’un western-existentiel, qui frôle par instant la tragédie grecque : les héros questionnent leur destin dans des monologues philosophiques, puent la mort même vivants.

Pour autant, on est bien dans les codes du western, dans la filiation de « Rio Bravo » ou du « Train sifflera trois fois » : un shérif, une ville paumée, un saloon, une entraîneuse défraichie, un chasseur de primes, un duel à l’aube, etc…

Cependant, les héros sont non seulement très fatigués, mais il n’y a pas aussi clairement que dans les films de Howard Hawks ou John Ford les bons et les méchants. Notre superbe shérif, magnifique de prestance avec ses longs cheveux ondulés, autoritaire et glacé, est loin d’être aussi pur qu’on pourrait le croire au début de l’histoire.

La pute au grand cœur et sa gueule défoncée est une grande manipulatrice (dans tous les sens du terme…).

Celui par qui le drame arrive (car il faut toujours un instrument au destin pour frapper au cœur de la cible), jeune et beau, possède une identité des plus fluctuantes et traîne une vocation suicidaire accrochée à ses colts.

J’ai lu cette bd avec une certaine fascination. Le récit est lui aussi torturé, avec des flash-backs énigmatiques et métaphysiques ponctuant l’histoire de réflexions tragiques. Au niveau du dessin, l’entreprise est tout aussi réussie : le trait est précis, les personnages soignés avec réalisme. Les décors, que ce soient les rues de la ville, le saloon, le bureau du shérif, la chambre d’hôtel, la nature environnante, sont remarquablement évocateurs du mythe du western. Pour chaque décor, une couleur domine, bleu pour les rues au petit matin, rouge-orangé pour l’intérieur du saloon, marron pour la chambre, etc…

Une fois l’album refermé, après ce voyage un peu onirique, âpre et violent, j’avoue ne pas avoir tout compris à l’histoire. Mais j’ai été emportée par son souffle qui n’est pas exempt de relents épiques. La critique de Lehane-fan est plus précise et complète que la mienne, n’hésitez pas à la lire. Nul doute que vous aurez envie ensuite de vous plonger dans « Après la nuit » et que vous ne le regretterez pas.

Après la nuit - Meunier

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