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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

29 Mars 2013

Ce livre est paru dans la collection « Safari – Signes de Pistes », édition officielle du scoutisme.
Je l’ai lu aux alentours de dix ans, et il m’a beaucoup marquée à l’époque. Approchant de l’adolescence, cette quête d’identité ne pouvait que me plaire. En effet, « La photo écossaise » raconte l’histoire d’un adolescent heureux et bien dans sa peau, ayant un frère jumeau très différent de lui physiquement et moralement mais qu’il adore, qui est invité un jour à un concert de chants anglicans par un copain de classe et découvre dans la chorale de jeunes écossais le sosie de son frère. A compter de ce moment, sa vie bascule, la ressemblance est si frappante qu’il prend conscience de ce qu’il a au fond toujours su : il n’est pas le frère de son frère. Il va approcher le sosie de son frère pour éclaircir l’énigme, s’en fait un ami précieux et rare. Son « jumeau », sentant que quelque chose ne va pas, enquête à son tour sur celui qui lui prend son frère, et se trouve également plongé dans le chaos.
Ce qui est intéressant, au-delà de l’intrigue un peu rocambolesque, et ce qui à mon avis devrait parler à tous les adolescents, est cette quête d’identité. En effet, qui a cet âge-là, n’a pas un jour pensé qu’il ou elle avait été secrètement adopté(e), tant il se sent différent de sa famille ? Pour ma part, ayant vécu mes deux premiers mois en couveuse, le scénario (alimenté d’ailleurs par mon frère et mes parents désarçonnés par ma différence) était que l’on m’avait échangée à la maternité. A chaque famille son roman.
Dans le roman, placé sous la morale scoute et catholique, même si les trois adolescents connaissent de réels tourments déstabilisants, l’auteur a pris soin de les faire évoluer au sein de familles équilibrées, compréhensives, confiantes dans la vie, croyantes… on est très loin des Groseilles et des Du Quesnoy. Ici, la différence se tient entre la France et l’Ecosse, mais le milieu social est en gros le même. Si l’on occulte l’atmosphère un peu trop sucrée et bien-pensante, « La photo écossaise » reste un joli roman initiatique, qui aborde tout de même des territoires un peu borderline. Les sentiments générés par l’amitié entre l’écossais et le français auprès du jumeau non seulement délaissé par son « faux » frère mais qui doit en plus accepter un autre jumeau (un autre soi-même) sont assez ambivalents pour passer assez bien l’épreuve du temps. Par ailleurs, le faux jumeau qui découvre l'erreur de naissance, découvre aussi le goût du secret, l'affranchissement, puisqu'il est obligé dans un premier temps de vivre une sorte de "double vie" avant de faire éclater la vérité. Dépoussiéré de ses repères moraux un peu trop manichéens, ce roman pourrait être apprécié par des enfants qui débutent leur adolescence.

La photo écossaise - Jean-Claude Alain (Alain Tersen)

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