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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

9 Février 2013

Ce roman, que j’ai lu d’une traite, une fois terminé, a eu au moins le mérite de me faire poser une question : pourquoi suis-je restée totalement hermétique à ce récit, cette prose, alors que j’entends parler de ce livre depuis des mois dans un concert de louanges quasiment unanime de la majorité de mes amies, mes collègues, oui, mes amies… femmes ? Me disant, « toi qui aimes tant lire, lis ce livre, on pourra en discuter… ». Eh bien oui, on va pouvoir en discuter. Je sais que je vais entendre une fois de plus que j’ai l’esprit de contradiction, que je suis un peu marginale, mais non, avec mes amis comme sur Babelio, ce n’est pas une posture que de ne pas apprécier un best-seller, ça peut arriver, en toute bonne foi, et sans aucun mépris ou condescendance, et je serais ravie, et ça m’est sûrement déjà arrivé d’être en adéquation avec un succès littéraire.

J’ai su très vite que je n’accrocherais pas. Au bout de dix pages, j’ai eu le sentiment que je lisais l’enfant naturel de « L’élégance du hérisson » et de n’importe quel roman au choix d’Anna Gavalda.

Un style passe-partout, soigné, une intrigue bien dans l’air du temps, une philosophie « New Age » dans laquelle on peut se laisser couler sans être dérangé. Ah ? L’argent ne fait pas le bonheur ? Tout le monde ment ? Les enfants nous échappent ? Les histoires d’amour finissent mal en général ?

Mais je ne voudrais pas être ironique outre mesure. J’ai senti l’effort louable de l’auteur à se glisser dans la peau d’une femme. Mais tout de même, il y a un sacré hiatus dans son entreprise. Ce qui ne va pas, c’est que le personnage principal, Jocelyne, évolue de nos jours en ayant une mentalité et un quotidien qui rappelle les années cinquante, semble être peu cultivée, timide, renfermée, naïve. Or, elle est la narratrice, et parle un français choisi, usant souvent de l’imparfait du subjonctif par exemple, évoquant parfois des références culturelles et intellectuelles non crédibles par rapport à ce que l’on sait de son passé, son éducation. Ce gouffre entre la forme et le fond m’est apparu comme très dérangeant. Par ailleurs, je n’ai rien trouvé d’original dans l’histoire, que ce soient les péripéties, l’histoire conjugale, et la fin est franchement banale, à la limite du ridicule et du convenu. Certes, on peut trouver çà et là quelques tournures originales, mais ce ne sont que quelques éclats dans un tableau terne et sans relief.

Pensant à mes amies, je me suis efforcée de trouver des arguments positifs pour nos prochaines discussions, mais je crois qu’ils sont pires que les négatifs. Je me suis dit que j’aurais pu aimer ce livre à douze ans, en n’ayant rien vécu, et je l’aurais sans doute trouvé sortant un peu des sentiers battus. Oui, je l’imagine bien en film, avec Audrey Tautou, tiens !

Je n’ai aucune prétention à dire que je n’ai pas aimé ce livre, c’est juste un fait. Peut-être parce que je n’ai pas la « fraîcheur » des personnes qui lisent peu, peut-être que mon vécu est trop à mille lieux de ce que je considère comme un catalogue de clichés à peine supérieur à ceux que je retrouve chaque matin dans la rubrique « pour elles » du moteur de recherche de mon ordinateur allumé, qui, sous un vernis vaguement provocateur nous renvoient à une image de la femme et du couple conformiste et rétrograde. Mais peut-être quelque chose m’a échappé ?

La liste de mes envies - Grégoire Delacourt

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