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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

20 Avril 2013

Ce roman est le quatrième ouvrage que je lis de l’auteur en peu de temps, le plus récent dans sa chronologie d’écrivain. Le problème que j’ai avec P. Besson réside dans le fait que le premier roman que j’ai lu (son deuxième, datant de 2001), « Son frère », est admirable, et que plus j’avance dans les autres oeuvres qu’il propose, plus je suis déçue. Tout ce qui faisait la singularité de « Son frère » disparaît au fil des années.
Pourtant, je persiste à trouver un certain charme au style de l’auteur, mais ce roman ne m’a pas séduite car il ne m’a pas semblé tenir ses promesses.
L’histoire se déroule dans le sud des Etats-Unis, de 1945 à 1972, et nous conte le destin de deux « jumeaux mais pas frères », sous la plume de Thomas Spencer. Paul et Thomas, voisins, sont nés le même jour et dès leur venue au monde leurs vies sont inextricablement liées. Leurs existences vont être traversées par l’histoire avec un grand H des Etats-Unis qui sert de toile de fond au roman. Impossible pour la lectrice que je suis de ne pas penser à Pat Conroy, mais ici le souffle épique fait cruellement défaut.. Pas de doute, c’est bien un français qui écrit sur l’Amérique, avec cette fascination un peu béate qui empêche tout esprit critique, une absence de lyrisme qui paraît démontrer que l’échelle du pays est trop grande pour l’européen qui se confronte au mythe qui l’aveugle.
Au début du roman, toutefois, le duo Paul-Thomas est intéressant, attachant, par sa singularité, ses ambivalences, ce domaine un peu trouble de l’adolescence que Philippe Besson excelle à décrire.
Jusqu’à l’arrivée du personnage féminin de Claire, la lecture est plaisante. Ensuite, j’ai eu le sentiment que l’auteur ne nous racontait plus la même histoire, délaissant l’exploration un peu sulfureuse des relations entre les deux amis pour se détourner vers une histoire banale d’un trio amoureux, de deux garçons épris de la même fille jusqu’à la trahison de l’un d’eux, scénario maintes et maintes fois rabâché sur le plan littéraire ou cinématographique. La suite du roman, jusqu’au dénouement, est ultra prévisible, et la surprise que j’escomptais n’est jamais venue.
Oui, ce roman ferait un parfait scénario pour un film du dimanche soir, bien calibré, vite oublié.
Pour moi, avec en mémoire ce magnifique texte qu’est « Son frère », Philippe Besson est un auteur paresseux, qui écrit dans la facilité des histoires qui n’intéressent plus la vieille lectrice que je suis.

La trahison de Thomas Spencer - Philippe Besson

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