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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

4 Juin 2013

Cette BD est l’adaptation du roman éponyme de Laurent Seksik qui raconte les derniers six mois de l’écrivain réfugié au Brésil avec Lotte, sa jeune secrétaire devenue sa deuxième femme.
Le récit nous fait partager la lente dépression dans laquelle Stefan Zweig s’enfonce au fur et à mesure des événements tragiques qui secouent cette Europe dont il se faisait une idée si idéale, jusqu’à la décision de se donner la mort le 22 février 1942. Parallèlement, les auteurs esquissent un portrait de Lotte, passionnément amoureuse, dévouée, mais affaiblie par de terribles crises d’asthmes. Lotte tente d’éclairer la vie de Stefan par un indéfectible optimisme, l’organisation de sorties, d’une fête amicale pour les soixante ans de son mari, mais impuissante à sauver l’homme qu’elle aime, de trente ans son aîné, fatigué de vivre, elle choisit de le suivre dans la mort, comme elle l’a toujours accompagné dans la vie.
Cette BD m’a semblée déséquilibrée. Autant les dessins, les aquarelles de Guillaume Sorel, sont très beaux, aux couleurs délavées et nostalgiques, autant le scénario et les dialogues m’ont semblé pêcher par un manque de naturel. Les personnages citent plus qu’ils ne parlent. Les auteurs veulent nous donner une leçon d’histoire, et étouffent le récit par un trop grand nombre d’informations, comme s’ils avaient la volonté de dire le maximum de la vie et l’œuvre de Stefan Zweig, d’une façon bien trop didactique. Visiblement, la priorité a été donnée à la pédagogie, au détriment d’un récit cohérent et vivant.
Les moments les plus réussis pour moi sont les moments où les personnages se taisent, où l’on ne nous explique rien mais où l’on nous laisse l’espace d’imaginer et de ressentir un état d’esprit. Ainsi, lorsque Lotte va s’acheter une magnifique robe rouge, pour raviver la flamme, célébrer la vie, quand Stefan évoque Vienne et qu’apparaissent la grande roue du Prater ou « Le Baiser » de Klimt. Il aurait fallu que le dessinateur s’affranchisse davantage de l’écrivain, car trop souvent le sentiment que les dialogues sont des extraits in extenso du roman tue l’émotion. Par ailleurs, sur un plan exclusivement visuel, les bulles empiètent bien trop sur les dessins, ce qui à la longue m’a agacée et gâché mon plaisir.

Les derniers jours de Stefan Zweig - Sorel - Seksik

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