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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

13 Mars 2013

J'ai acheté ce livre assez jeune, aux alentours de la vingtaine, alors que je venais de découvrir la musique et la vie de Gustav Mahler, d'en tomber littéralement amoureuse. J'avais entrepris de lire tout ce qui avait été écrit à son sujet. J'investissai donc dans cet ouvrage d'Adorno, dont j'ignorais quasiment tout, puisque tous les articles que j'avais consultés donnaient cet essai comme incontournable.
Je commençai ma lecture avec avidité... et dès la seconde ligne, je me rendis compte que je n'avais rien compris de ce que je venais de lire. Je repris au début, et constatai, avec découragement que, même avec un dictionnaire, cela me restait hermétique. En effet, que ce soit le vocabulaire, les références, les idées développées, je n'avais pas les capacités intellectuelles nécessaires à l'accès à ce que le philosophe avait écrit. Frustrée, je refermai le livre, le rangeai dans ma bibliothèque, me résignant à mon incapacité.
Les années ont passé, la vie, les lectures, l'expérience et les rencontres ont fait leur oeuvre. Ma passion Mahlérienne ne s'est jamais tarie, étayée notamment par un voyage à la source Viennoise. Un jour, je retombai sur le livre d'Adorno, peut-être dix années après ma première tentative : je l'ouvris, commençai à le parcourir avec réticence, et... étrangement, voilà que je comprenais ce que lisais. Oh, bien sûr, ce ne fut pas facile, je dus lire et relire quelques passages , mais je suis arrivée au bout de l'essai, sans trop d'effort.
Ainsi, c'est aussi cela, la vertu de la lecture : nous faire réaliser combien nous avons progressé, mûri, gagné en intelligence, sans être forcément passé par les bancs de l'université, mais presque insidieusement, avec seule arme la curiosité, l'envie d'apprendre et de se frotter à l'inconnu, malgré ceux et celles qui seront toujours présents pour vous signifier que "ceci n'est pas pour vous", mais réservé à une élite consensuelle et cooptée.
Grâce à Adorno, j'ai beaucoup appris sur Gustav Mahler, mais encore davantage sur moi-même. Grâces lui soient rendues.

Mahler, une physionomie musicale - Théodor W. Adorno

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