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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

25 Avril 2013

Je suis toujours sensible à l'écriture d'un auteur qui écrit dans un français qui n'est pas sa langue maternelle. Quand, de surcroit, nous sommes en poésie (en Polésie, aurait-dit la petite fille de Pierre Desproges), cela ajoute à mon rêve. Je m'essaie parfois moi-même à écrire des poèmes dans d'autres langues que la mienne, en italien bien souvent, et j'avoue que paradoxalement cela me décomplexe un peu, car je sais dès le départ que mon vocabulaire et ma syntaxe sont limités, et que j'atteindrai aisément une simplicité qui souvent me fait défaut en français.Est-ce la même démarche qu'a suivie Mohammed Dib dans ce premier recueil de poèmes écrit en français et publié en 1960 ? Quoi qu'il en soit, ses vers sont empreints d'images directes, accessibles.
Le charme de ce recueil est de concilier la rationalité de la langue française et l'évocation poétique arabe : célébration de la nature et ses parfums, sensualité pudique mais explicite... On rencontre également au fil des pages les thèmes de l'exil, de la solitude de l'étranger. Il est difficile de juger la poésie. Ca nous parle ou pas. Ca résonne ou pas.Ca fait écho ou pas. "Ombre gardienne" a résonné plus ou moins en moi, et sans demi-mesure : j'ai adoré certains poèmes quand d'autres m'ont laissée totalement indifférente. Mais c'est le jeu du genre, son mystère aussi, et c'est bien ainsi. Pour moi, ne serait-ce que pour un ou deux poèmes, le recueil entier vaut le détour.
La littérature comme l'amour est une histoire de rencontre et de hasard, de mektoub... J'ai choisi ce recueil dans ma bibliothèque de quartier, dont le rayonnage "poésie" est plus que réduit, pour son titre. Je ne connaissais pas l'auteur. Après avoir lu les poèmes, j'ai cherché des informations sur Mohammed Dib, et j'ai découvert qu'il avait fait la connaissance dans sa jeunesse d'Albert Camus dont il est devenu l'ami, une amitié qui a perduré lorsque Mohammed Dib a quitté l'Algérie pour venir en France. Comment dit-on déjà ? Ah oui, les amis de mes amis sont mes amis...

Ombre gardienne - Mohammed Dib

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