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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

25 Février 2013

La première fois que je suis allée à Rome, j’avais douze ans. J’étais en cinquième, et l’école avait organisé une sortie dans la capitale italienne lors d’un week-end pascal. Pour la première fois, j’allais franchir une frontière. Ce séjour fut à l’origine de deux grandes surprises : m’apercevoir que les professeurs qui nous accompagnaient avaient une vie hors du collège, qu’on pouvait même jouer aux cartes avec eux pendant le voyage en train, ce qui était proprement inimaginable, et Rome, cette ville dans laquelle je me sentis dès la première minute chez moi et où j’ai su que je reviendrais.

Je ne me souviens pas en détail de ce que nous visitâmes, essentiellement le centre historique, je me rappelle l’excitation qui ne m’a pas quittée à l’idée d’être loin des miens, à l’étranger, et comme ce mot résonnait de mystères, un « étranger » où je me suis sentie familière dès mon premier pied posé au sol de la Gare Centrale, de l’envie qui ne m’a pas quittée de parler italien (sans doute mes racines me chatouillaient). Je me souviens aussi de m’être échappée lors d’un après-midi, seule, quittant le groupe organisé, pour déambuler pendant des heures comme un poisson dans l’eau dans les rues animées, découvrant pour la première fois une inclination à marcher en solitaire dans les grandes villes, et de l’engueulade que je reçus à mon retour de la part de mes professeurs qui m’avouèrent malgré tout ne pas trop s’être inquiétés pour moi, allusion à mon caractère indépendant qui ne leur avait pas échappé.

J’ai tenu ma promesse à moi-même. Je suis retournée à Rome, une première fois amoureusement accompagnée, logeant dans un hôtel du centre-ville, et une seconde fois pour y donner plusieurs concerts en tant que mandoliniste, hébergée dans un couvent en périphérie. Rome, l’amour, la musique, trio gagnant : aujourd’hui, j’espère idéalement finir mes jours à Rome, vivre mes derniers instants en entrant dans mon rêve.

J’ai toujours connu Rome piétonne, intra-muros, sans aller jusqu’à la mer, demeurant dans la ville, m’attardant infiniment aux tables des terrasses des cafés, buvant des cappuccino, observant les italiens et les italiennes me faire leur cinéma. Ce livre de photos aériennes m’a permis d’en avoir une vision plus globale, du forum au Colisée, des sept collines qui entourent la ville, mais aussi les Places si attachantes et vivantes, de la Piazza Navone à la Piazza di Spagna, les fontaines felliniennes, la Place Saint-Pierre et le Vatican, incontournables, La Piazza Venezia à côté de laquelle j’ai donné mon premier concert…, les nombreux ponts qui enjambent le Tibre dont celui qui mène au Château Saint-Ange (une pensée pour Tosca), les quartiers dont celui du Trastevere illuminé de cette lumière si particulière…

Cette ville qui vue du sol est si attachante donne encore plus le tournis vue du ciel par ses richesses, ses couleurs…on peut s’apercevoir que le centre-ville abrite de nombreux bâtiments modernes, et que la ville est encerclée par un boulevard périphérique diabolique.

Voir Rome du ciel a été un enchantement, mais aussi l’occasion de constater que je ne suis peut-être pas venue poser mes valises à Toulouse par hasard, car, si Toulouse est jumelée avec Bologne, elle partage avec Rome une Place du Capitole, des couleurs rouge et noir, une certaine lumière méditerranéenne même assez loin de la mer… et un périphérique infernal générant bien des embouteillages sur lequel je ne m’étendrai pas.

Nul doute que ma vision de la « dolcezza » de Rome est en grande partie fantasmée, mais si nous cessons de fantasmer ce que nous aimons, alors nous cessons d’aimer.

L’ouvrage ne s’arrête pas à Rome mais nous offre des photos des environs de la ville, et de tout le Latium. Elles m’ont fait découvrir une campagne que je ne connais pas, mais qui semble bien moins belle que la Toscane où j’ai eu aussi la chance de séjourner.

Vivement mon prochain retour à Rome…

Au-dessus de Rome : En vol sur la ville éternelle et le Latium - Antonio Attini

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