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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

26 Mars 2013

Sans être idolâtre, la personne de Marylin Monroe m'a intéressée dès que j'ai commencer à aimer le cinéma. L'actrice m'a touchée, la chanteuse m'a séduite, la femme m'a émue. J'ai lu beaucoup d'ouvrages à son propos, biographies, fictions, témoignages, je le répète, sans être idolâtre. Mais plus de cinquante ans après sa mort, nous sommes toujours inondés par les multiples représentations de cet être humain unique comme tout être humain, photos, vidéos, cds, produits dérivés, etc... Tous les six mois on nous sort une nouvelle interprétation de ses névroses, sa vie sexuelle, ses opérations de chirurgie esthétique. Pas un jour sans que mon fil d'actualité Facebook ne me propose de "liker" une photo de Marylin très jeune, moins jeune, rousse, blonde, mince, moins mince, habillée, moins habillée.
Alors, quand j'ai trouvé ce livre que l'on pourrait qualifier d'ultime dans ma bibliothèque, j'ai pensé qu'il était normal d'avoir le réflexe de l'emprunter : ah... quelque chose de plus ! Mais n'en avais-je donc pas assez ? Parcourant le livre, ces fragments, ces brouillons, je me suis sentie saturée, au bord de la nausée. Oui, Marylin a écrit des poèmes déchirants sur des bouts d'agenda, des papiers à en-tête d'hôtels, oui, voir son écriture manuscrite est émouvante. Mais la pensée qui m'a envahie comme un malaise a été de me demander ce que la cannibale en moi exigeait de plus du cadavre de Marylin ? Il me semble me souvenir que même certaines radiographies de ses poumons ont été publiées. J'ai souvent défendu, notamment auprès de ma mère qui la détestait, une Maryline intelligente, bonne comédienne, belle, exploitée. Aujourd'hui, je n'ai plus qu'une envie : défendre l'idée que la meilleure façon de lui rendre hommage est de lui foutre définitivement la paix, ne plus rien lire des fantasmes d'exégètes hommes ou femmes, revoir ses films, mais rarement, et plus jamais "Les Misfits", et sa mort au travail. Oui, plus de cinquante ans après sa mort, je vomis le ballet macabre auquel j'ai participé, et son indécence. Je rends ma part d'anonymat à Marylin qui voulait tant exister pour ce qu'elle était, je fais silence, et je démissionne de mon rôle de proxénète.

Fragments. Poèmes, écrits intimes, lettres. Marylin Monroe

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