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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

11 Février 2013

Voilà un certain temps que je ne m’étais plongée dans un petit roman policier : voilà qui est fait. Ce fut une lecture comme une mise en bouche, un apéritif, avant de passer je l’espère, grâce aux conseils avisés de certains membres de Babelio, à quelque chose de plus consistant et surtout surprenant. Ceci dit, ce roman de Donna Leon est tout à fait comestible.

J’ai aimé principalement le décor de l’intrigue : elle se déroule à Venise, et l’auteur décrit avec beaucoup de talent l’atmosphère particulière de la cité des Doges, ses petites ruelles, ses odeurs de lagunes aux relents de moisissures, la mentalité aristocratique et désuète de ses vieux habitants. Les personnages évoluant dans ce tableau, surtout les italiens, sont dépeints avec un certain humour, et on n’échappe pas à certains clichés régionalistes sur les romains, siciliens, etc…qui passent avec légèreté.

Le personnage du Commissaire Brunetti est, comme il se doit dans les règles du genre, particulièrement soigné, juste ce qu’il faut d’un peu particulier, mais tout de même, comme tout le roman, assez classique. Il n’a pas vraiment d’épaisseur, nous dirons qu’il fait son boulot d’une manière honnête et qu’il n’y a pas grand-chose à en dire de plus. Sa femme et ses enfants sont beaucoup plus intéressants psychologiquement, comme si l’auteur s’était interdit de se laisser aller à sa fantaisie avec le commissaire mais s’était rattrapée (sans débordement toutefois, tout cela restant très moralement acceptable) avec les membres du foyer.

L’intrigue proprement dite est franchement de facture classique, et même, en son milieu, assez ennuyeuse. Ici aussi, le plus réussi reste le décor dans lequel elle se déroule, le milieu de la musique classique, l’opéra. La victime est un chef d’orchestre, une sorte de Karajan (dont l’auteur s’est inspiré à mon avis). Défile toute une galerie de portraits assez réussis, sa jeune et troisième femme, une cantatrice renommée, sa secrétaire, une vieille diva, etc…

Mon attention s’est relâchée lorsque, au cœur de l’intrigue, chaque chapitre est construit de la même façon : interrogatoire d’un personnage dans un lieu particulier vénitien, indice qui « en apparence » semble anodin, mais dont on nous dit tellement qu’il l’est qu’on se doute bien qu’il est important… j’avoue m’être assez ennuyée, et avoir très vite compris une grande partie de la résolution de l’intrigue, même si, au final, certains détails m’en avaient échappés. Parfois il n’est pas très grave que l’intrigue soit facilement compréhensible, si le style de l’auteur est étonnant, passionnant, détonnant. Hélas, ici, le style est ordinaire, sans plus. La lecture en est agréable, mais ronronnante. Malgré tout, je suis allée au bout sans sauter de page (bien que j’en aie eu la tentation), et la fin m’a aussi un peu déçue, non par son scenario, puisque je n’avais pas tous les éléments du puzzle, mais parce qu’elle n’a rien d’un final d’opéra. J’aurais aimé que l’auteur termine avec panache, relief, mais, au bout du compte, j’aurai assisté à une enquête routinière dénouée avec un professionnalisme monotone par un commissaire « normal ». Je vais laisser Brunetti continuer son métier jusqu’à la retraite tranquillement et vais tenter de trouver de plus belles sensations ailleurs.

Mort à la Fenice - Donna Leon

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