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Parures de Petitebijou

Publié depuis Overblog

20 Avril 2013

Voilà un livre que j’ai lu dans une espèce de torpeur et de désœuvrement. Je ne me suis pas vraiment ennuyée, je n’ai pas vraiment détesté, ce fut pire : ce roman m’a laissée totalement indifférente. Vous parler de l’histoire ? Une jeune femme, à qui tout a « toujours réussi sans qu’elle ait eu à se battre » même un minimum pour l’obtenir, mariée, un enfant « très mûr pour son âge mais différent », maîtresse d’un éditeur à succès, travaillant dans le monde des médias, nous raconte sa vie et, parfois, évoque la figure de Denise Glaser, comme un lointain écho d’elle-même.
Le titre « Une femme célèbre » comme la quatrième de couverture mettent l’accent sur la référence à la productrice et présentatrice de « Discorama », et c’est d’ailleurs ce qui m’avait donné envie de lire ce roman. Et, en avançant dans la lecture, je me suis sentie flouée, car Denise Glaser est tout juste présente par ci par là dans le roman, mais, ne nous y trompons pas, c’est bien la narratrice et son nombril, hélas, qui occupent la plupart du décor. Comme si Colombe Schneck avait parsemé son livre d’indications biographiques de Denise Glaser trouvées sur Wikipédia pour donner l’impression d’une idée originale et essayé de doter d’une certaine épaisseur son texte banal. Mais les ficelles sont un peu grosses et on frise la petite escroquerie.
Au fil du roman, il m’est apparu que l’Angotite (maladie littéraire apparue avec Christine Angot) guettait de très près Colombe Schneck. Je passe sur le milieu parisiano-médiatique branché qui semble me poursuivre en ce moment (puisqu’après tout, cela existe), mais il se trouve que l’auteur à travers son héroïne raconte sa propre vie d’une façon à peine déguisée, maniant l’autofiction par le biais d’une auto-flagellation complaisante insupportable, et qu’elle ne cesse de répéter à quel point elle se sent coupable du fait d’être riche, belle, aimée, que son fils soit beau et intelligent, qu’elle ait écrit deux livres qui ont eu du succès alors qu’« elle ne le méritait pas »,que tous les hommes soient amoureux d’elle, que son père lui ait acheté une robe Kenzo à l’âge où, encore une fois, « elle ne le méritait pas »… Tout ceci aurait pu être supportable soutenu par un certain humour ou autodérision, pour que le lecteur puisse respirer entre deux soupirs, mais il semble que ce courant littéraire français soit dépourvu du moindre recul salutaire, signe aussi d’un certain manque d'humilité. Hélas, rien de drôle, d’aérien, dans des phrases égrenées passivement, au goût de monotonie, sans charme, sans surprise.
Aucun personnage du livre n’est attachant. Le seul protagoniste un peu intrigant, celui que la narratrice ne fait que nommer comme « le père de son fils », est à peine effleuré. L’héroïne/Colombe veut toute la place et se la donne. De même, la pauvre Denise Glaser méritait sûrement mieux comme hommage posthume.
Le deuxième signe d’Angotite, et le plus grave à mes yeux, est le syndrome de la répétition. En effet, Colombe Schneck nous ressasse régulièrement au fil des pages certaines descriptions, ou réflexions, mot à mot. Je n’y vois aucun intérêt, si ce n’est pour l’auteur d’atteindre péniblement les 170 pages et permettre à son roman d’être formaté pour un succès planifié par un service Marketing, sans oublier l’autopromotion puisque y est glissé une publicité à peine masquée pour ses précédents écrits. D’ailleurs, je suis peut-être une lectrice ignare, puisque ce livre ne valant pas grand-chose pour moi sur le plan littéraire, a été pressenti pour être lauréat de deux prix littéraires et en a reçu un autre.
Pour ma part, « Une femme célèbre » ne m’a donné qu’une envie : relire Colette, Maupassant, pour me rappeler ce que peut être le style, ou revenir à John Fante, pour me souvenir de ce que peut être une histoire.

Une femme célèbre - Colombe Schneck

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